Ma façon de faire

Je suis un tissu de contradiction. Suite à une situation vécue récemment avec une amie, j’ai décidé de rédiger sur ma façon de faire en tant que graphiste, et ce, malgré mon papier récemment écrit sur La pub-licité.

En fait, il faudra nuancer ici. Si on lit bien le texte en question, je ne suis pas totalement en opposition avec le domaine des communications graphiques. Difficile à expliquer simplement ici, mais j’en ai contre un groupe plus ou moins défini qui se qualifieraient de « vendeurs de rêves ». Bref, j’imagine que certains me comprendront ici.

Voici pourquoi je continue d’œuvrer dans ce domaine. Afin d’aider les professionnels et les artisans qui en valent le coup en offrant des services ou en produisant des produits de qualité, en toute honnêteté. Voilà. Je préciserais mon paragraphe précédent en dénonçant les malhonnêtes et les hypocrites. L’histoire de Volkswagen, pour citer un exemple parmi tant d’autres. 

À ce moment-là, je vois le processus de création comme de l’art, et non de la fraude ; de la tromperie intellectuelle. Certains me diront que je me raconte des menteries et que je les crois, afin de justifier mon offre de service en design graphique. Peut-être, j’en conviens. Mon argument principal serait le suivant : voilà pourquoi je me donne l’entière discrétion d’accepter et de refuser toute proposition. Et je dois aussi préciser que mes principes n’ont jamais été, jusqu’à présent, achetables.

Faites confiance à UN professionnel

Voici où je veux en venir avec ce texte. Une série de grande ligne que je suggère à toute personne ayant à développer une image de marque, comme ils disent dans le domaine.

Trouvez-vous un bon graphiste

C’est le premier conseil que je donnerais. Discuter avec celui-ci de votre budget et de votre plan d’affaires afin qu’il puisse cibler les priorités. Trouver une personne ou une entreprise avec laquelle vous avez des affinités et que vous aimez la façon dont elle travaille. Posez des questions sur la démarche créative et sur la philosophie prônée.

Faites-lui confiance

Dois-je le répéter. J’entends par là qu’il devrait être la personne qui verra à votre image de marque de A à Z. Logo, papeterie, site web, matériel promotionnel, enseigne, etc. TOUT devrait passer par lui. Non il n’est pas un professionnel de tous ces domaines. Il ne fabrique pas des enseignes, je sais. Mais il est celui qui a créé l’image de votre compagnie ; ce qui vous représente. Les hipsterspublicitaires appellent ça une campagne de marketing intégrée. J’appellerais ça de la continuité, tout simplement.

L’investissement en vaudra la peine, je vous assure. Vous avez besoin d’une enseigne, travaillez en collaboration avec votre graphiste afin de trouver ensemble quelle entreprise qui effectuera le travail. Un bon graphiste saura entrer en communication avec le graphiste de la compagnie choisie et s’assurer que le produit final sera fidèle à vos attentes en fonction des restrictions de la fabrication et du budget.

Ne jouez pas au graphiste

Rappelez-vous que chaque professionnel joue son rôle. La réponse typique du client : «  c’est ma compagnie, alors c’est moi qui sais qu’elle image je veux lui donner  ».

Non.

Votre graphiste n’est pas un exécutant. Quand vous engagez un plombier, est-ce que vous lui dites quelle sorte de tuyaux il doit prendre et comment les installer ? J’imagine que non, sinon, j’ai une petite pensée pour votre plombier. Il s’agit d’un saint.

Vous avez toutefois le dernier mot. Vous pouvez ne pas aimer le résultat et demander des changements. Expliquez vos attentes en général et soyez clairs dans vos exigences, mais n’en ayez pas trop non plus.

Avoir un plan d’affaires

Voici la première erreur de plusieurs. Avant de lancer une entreprise, il faut la penser. Nature et philosophie de l’entreprise (oui, c’est important, je vous le jure), emplacement, budget, salaires, dépenses vs revenus, prévisions budgétaires, comptabilité, informatique, etc.

Pas besoin d’avoir un plan de 100 pages au départ, juste en avoir un et qu’il ne soit pas écrit à l’encre sur une feuille de cartable sale (ni propre).

Ne pas être pressé

Assurez-vous d’avoir un échéancier du professionnel avec lequel vous faites affaire. Or, soyez cohérent! Si vous allez au garage pour un changement d’huile et qu’entre-temps, vous demandez 3-4 services de plus, n’attendez plus à ce que le garagiste le fasse en 20 minutes comme promis pour votre changement d’huile. De plus, dites-vous que parfois il est préférable de dépasser légèrement le délai prévu afin d’avoir un produit final impeccable.

Votre budget n’est pas un secret

Communiquez votre budget à votre graphiste. Et non, s’il est un vrai professionnel, bien sûr, son objectif ne sera pas de tout prendre.

Un montant de l’ordre deou entre tel et tel chiffreenclenche une partie de la démarche créative. Propositions possibles, procédés (certains procédés d’impression sont extrêmement coûteux), etc. Il communique aussi beaucoup où en est rendu votre entreprise. Un startupavec un budget inexistant ne sera pas aussi grandiose qu’une personne pleine au as. Il permet de cibler s’il faut se concentrer sur l’essentiel ou si on peut se permettre une stratégie plus complète.

Visez la perfection

Rien de moins. Vous engagez quelqu’un et vous remarquez un petit défaut dans le produit. Dites-lui de corriger le travail sans trace ou de recommencer.

Votre objectif est de livrer la perfection à vos clients, attendez-vous au même traitement lorsque vous êtes client. Retenez les services seulement de ceux qui en valent la peine et surtout, n’y allez pas avec la règle du plus bas soumissionnaire. Une Lada c’est pas cher, mais ça reste une Lada.

Cahier de normes graphiques

Le cahier de normes graphiques est davantage un outil pour les grandes entreprises. À mon avis, les PME qui ont un bon graphiste ou qui engagent une bonne compagnie sont en business.

Microsoft Wordet votre secrétaire sont vos pires ennemis

Vous + Microsoft Word ≠ graphiste. Que vous soyez bon en math ou pas, faut comprendre ça right away.

Votre secrétaire porte le titre de secrétaire. Point. Elle et Microsoft Wordsont intimement amis. Relisez l'équation ci-dessus et changez le mot Vouspar Ma secrétaire.

Conclusion

Soyez professionnel. Nous sommes en 2016 et tout le monde peut noter votre entreprise en ligne. Oui, malheureusement, nous vivons dans une société basée sur l’image. Et ça ne changera pas demain matin. Alors, en attendant, faites un effort.